Madame, Monsieur, chers lecteurs,

Nous avons le plaisir de vous présenter la section : critique gastronomique contenue dans notre rubrique « Art de Vivre ».

C’est un très grand critique gastronomique, Tubhardt von Hustenburg, qui nous fait l’honneur de nous adresser de temps en temps ses remarques, au hasard de ses déjeuners et diners dans les auberges et restaurants de la Narbonnaise. Cette Narbonnaise, pays qu’il aime tout particulièrement.

Tubhardt von Hustenburg s’est fait d’abord connaître comme chef du célèbre restaurant « Zum Pfeiffendem Dachs » dans le canton suisse des Graubünden (Grisons). Pendant plus de vingt ans la magie de sa cuisine a enchanté les palais les plus fins et les plus exigeants. Il a obtenu trois ans de suite le prix Roeschwoog. Puis à l’instar de certains chefs célèbres comme Ferran Adrià, il a souhaité faire une pause sabbatique, voyager pour apprendre encore et encore, chercher et trouver de nouvelles idées ce qui nous vaut désormais le plaisir de ses remarques et commentaires.

 

L’équipe de rédaction du Clairon de l’Atax

 

Le grand critique gastronomique Tubhardt von Hustenburg

photographié dans le Causse, au dessus de Minerve, alors que tombe le crépuscule…

(photo JM.W.)

 

 

Octobre 2016

 

 

Le Tablao Flamenco à Narbonne

Photo HR

 

Les flâneries sont un excellent moyen de découvrir une ville : le rythme du pas d’un piéton qui flâne révèle des  choses que la vitesse d’une voiture qui passe ou les préoccupations d’un piéton pressé ne permettent pas de voir. Choses bonnes ou mauvaises… Ici il s’agit d’une découverte heureuse. En flânant place Voltaire à Narbonne j’ai été attiré par la vitrine d’un petit restaurant que je n’avais jamais remarqué auparavant…. Il s’agit du Tablao Flamenco.

La lecture de la carte mais aussi le titre du ce restaurant semblaient indiquer une cuisine tournée vers l’Andalousie autant que vers la Catalogne toute proche. Je décidais d’y inviter un ami. Celui-ci, en apprenant que je l’invitais dans un restaurant « espagnol » me déclara qu’il redoutait une cuisine trop grasse, mal assaisonnée, avec des tomates omniprésentes ! Cela ne semblait pas être le cas de plats proposés par le Tablao Flamenco et mon ami se laissa convaincre…

La salle est toute en longueur, quelques tables sur le trottoir permettent d’accueillir quelques couverts supplémentaires les beaux jours…L’accueil est chaleureux et agréable et le service discret et efficace.

Nous avons commandé, en entrée, un gratin de moules ainsi qu’un rouleau d’escalivada accompagné de poivrons farcis au fromage de chèvre.

Le gratin de moules, bien parfumé saupoudré juste ce qu’il faut de chapelure était parfaitement cuit, juste ce qu’il faut pour que les moules ne soient pas desséchées et le gratin fondant ne noyait pas le goût des moules. Le rouleau d’escalivada composée d’un assemblage d’aubergines,  courgettes,  poivrons et oignons marinés était délicieusement fondant sous la langue avec juste se qu’il faut d’huile d’olive pour ne pas tuer le goût. Sur les bords de cette assiette bien présentée, de petits poivrons fondants étaient farcis d’un délicat fromage de chèvre discrètement affiné…

En plat principal nous avons opté pour une marmite du pêcheur accompagnée d’un aïoli  et pour un gratin de poisson.

Pour ces deux plats présentés dans cette vaisselle à anses si typique de l’Espagne nous avons retrouvé cette justesse dans la cuisson  qui fait que la chair du  poisson comme les petites moules d’accompagnement gardent une consistance agréable et leur pleine saveur. Rien à reprocher non plus aux légumes d’accompagnement : le savoir cuisiner est là !! Il faut accorder une mention toute particulière à l’aïoli aux saveurs bien équilibrées : pas trop d’ail, pas de domination de l’huile d’olive, pas trop relevé, mais tous ces composants se révèlent doucement au palais….

Sobres par nécessité, puisque nous reprenions le volant à la fin du déjeuner, nous n’avons commandé qu’une carafe de vin. Là encore, rien à reprocher à ce rouge fruité juste ce qu’il faut !

A toutes ces vertus du Tablao Flamenco s’ajoutent des prix tout à fait raisonnables. Cette table narbonnaise ouverte depuis un peu plus de trois mois est donc un lieu tout à fait agréable à découvrir et à pratiquer…..

 

Tubhardt von Hustenburg le 17/10/2016

                   (Traduit du Suisse alémanique par C.B.et JM.W.)

 

 

Tablao Flamenco, restaurant espagnol, 15 place Voltaire à Narbonne. Résa : 09 83 43 04 80

 

 

Juin 2016

 

Après un silence de plusieurs mois le grand critique gastronomique et ancien chef Tubhardt von Hustenburg, honore le Clairon de l’Atax d’une nouvelle critique ! Il s’agit cette fois d’un restaurant catalan situé sur la Costa brava à Rosas (à deux heures d’auto de Narbonne).

Le restaurant Gaia à Rosas (Costa Brava)

Mes amis du Clairon de l’Atax ont trouvé mon silence un peu long, mais ce n’est pas faute d’avoir recherché des restaurants remarquables d’un point de vue positif. Je me suis en effet fixé comme conduite, sachant combien ce métier est difficile, de ne jamais dire du mal d’un confrère, même lorsqu’il s’agit de gens sans talent et sans passion qui se sont improvisés cuisiniers, croyant ainsi faire de l’argent facile…Parfois j’étais à deux doigts de me réjouir d’avoir déniché un endroit digne d’être recommandé et puis patatras, quelque chose sonnait faux et détruisait ma bonne impression naissante !

Aussi quand je me suis retrouvé à Rosas sur la Costa Brava à l’heure du déjeuner c’est sans grand espoir que je me suis mis en quête d’un restaurant. Rosas c’était pour moi un lieu comme tant d’autres sur cette côte dédiée à des prestations touristiques standardisées. Ceci me fut tout d’abord confirmé par l’aspect des premiers restaurants abordés et des premières cartes affichées. Et puis je suis tombé en arrêt devant la façade d’une maison bourgeoise, plutôt cossue, datant du début du 20ème siècle, que rien ne semblait destiner à abriter un restaurant. La porte d’entrée ouverte révélait un couloir qui s’ouvrait sur une cour arborée et aménagée en jardin d‘été avec ce mélange d’astuce et de bric et de broc qui font le charme de bien des cours intérieures catalanes.

 

 

 

Deux salles à manger au sympathique décor baroque permettent aux convives de se mettre à l’abri en hiver ou en cas intempéries…

 

La carte semblait alléchante mais c’est le menu du jour qui présentait plusieurs options au prix étonnamment doux de 14,99 € qui me décida à entrer ! L’accueil fut à la fois sympathique et professionnel.

 

Je choisis dans le menu du jour, en entrée : des beignets de fleurs d’aubergine accompagnés d’un aïoli au miel, tandis que mon épouse  optait pour un assortiment de 3 gaspachos : à la tomate, à la betterave et au coco.  Les beignets étaient croustillants à souhait sans être gras et la sauce aïoli au miel qui se mariait tout à fait bien avec eux fut une heureuse découverte.  Les gaspachos faisaient ressortir avec finesse le goût des tomates, betteraves et du lait de coco avec toutefois une étonnante et agréable pointe acidulée qui singularisait le gaspacho à la betterave, saveur probablement due à l’emploi modéré d’un vinaigre de bonne qualité…

 

Pour le plat principal du menu du jour, j’optais pour un Curry Thaï irréprochable, aux épices parfaitement équilibrées, tandis que mon épouse se régalait d’une Zarzuela à la présentation impeccable où chaque poisson avait cuit jusqu’à l’équilibre optimal entre l’expression de son goût et la consistance de sa chair.

 

Enfin le dessert consista pour mon épouse en un délicieux carpaccio d’agrumes bien frais, accompagné d’une glace au citron. Pour ma part je savourais une mousse au chocolat maison, saupoudrée de sucre glace.

 

 Pour conclure nous avons découvert au restaurant Gaia une cuisine aussi délicieuse qu’inventive et si je me suis attardé sur la description du menu du jour en raison de son étonnant rapport qualité/prix, la lecture de la carte laisse deviner que le reste des plats proposés s’inscrit dans la même recherche de qualité et d’originalité.

 

 

 

 

 Tubhardt von Hustenburg

 

                   (Traduit du Suisse alémanique par C.B.et JM.W.)

 

 

 

 

 

Adresse : Gaia : Plaza de Catalunya, 11, 17480 Roses, Girona, Espagne Téléphone :+34 972 09 36 26

 

 

Octobre 2015

Le café restaurant « Melting Pot » à Narbonne

Photo : HR

 

Le mot anglais « Melting Pot » se traduit en français par « creuset ». Le creuset c’est le lieu du mélange, mélange des métaux, mélange des produits, mélange des cultures, mélange des idées. Donner un tel nom à un café restaurant est, au-delà d’une certaine originalité, lourd de significations et de promesses…

Le « Melting Pot » est situé sur la place du Forum, l’une des places les plus agréables du vieux Narbonne. Sa terrasse s’étend jusqu’à l’ombre des arbres qui entourent un espace central où se dresse une fontaine surmontée d’un obélisque en pierre en équilibre sur trois boules !?

A l’intérieur du restaurant, un mobilier et des couverts discrets et de bon aloi, des chaises accueillantes, apportent le confort et le bien être nécessaires à un repas serein…

Depuis que j’ai découvert le Melting Pot, il m’arrive souvent d’y aller avec des amis. Les propositions de la carte sont variées et une formule entrée + plat + dessert permet de déjeuner à un prix tout à fait raisonnable.

S’il me fallait qualifier la cuisine du Melting Pot,  deux mots me viennent immédiatement à l’esprit, ce sont : précision et équilibre. Pas facile de réussir un plat et de le répéter de façon constante. Même pour des recettes simples nécessitant peu d’ingrédients et peu de préparation : dix secondes de cuisson de trop, ou une petite erreur de dosage peuvent complètement dégrader le goût. Ni moi ni mes amis n’avons connu ici ce désagrément hélas beaucoup trop fréquent dans bien des restaurants de la région. (Beaucoup de gens se rêvent restaurateurs et bâclent leur cuisine en dosant les ingrédients « à la louche » et en forçant sur les épices pour faire « méditerranéen ».)

Le chef du Melting Pot compose ses recettes en empruntant à différentes cuisines du monde, tout en tenant compte de la saisonnalité des produits et avec un certain penchant pour les compositions végétariennes. Ceci sans fanatisme : il fait aussi un excellent steak tartare accompagné de frites délicieuses.

S’il me fallait justifier les qualitatifs de précision et d’équilibre auxquels j’ajouterais maintenant délicatesse des saveurs, j’inciterais mon interlocuteur à goûter le velouté de petits pois au chorizo, tout en contrastes entre le sucré des petits pois, la touche acide de la citronnelle, la pointe épicée du chorizo mais aussi à apprécier l’onctuosité de la préparation, ni trop ferme ni trop liquide…le juste équilibre ! Je pourrais aussi lui conseiller le pot au feu de pintade aux légumes, juste craquants dans leur goût, à la viande délicatement fondante au palais. Je pourrais encore lui recommander bien d’autres plats chauds ou des salades. A chaque plat il reconnaitra ces vertus de précision, d’équilibre et de délicatesse.

Enfin il me faut parler du service ; il est efficace, souriant, plein de gentillesse et de considération : on a l’impression d’être mieux qu’un client… d’être un hôte ! Quel contraste avec les si nombreuses serveuses revêches qui, aux remerciements du consommateur qui se voit flanquer une assiette devant lui, répondent par le mécanique et crétinissime : « avec plaisir » !

 

Le Melting Pot fait partie de ces restaurants narbonnais qui viennent immédiatement à l’esprit lorsqu’on on se demande où aller déjeuner : ceux-ci se comptent sur les doigts d’une main.

 

Tubhardt von Hustenburg

                   (traduit du Suisse alémanique par C.B.et JM.W.)

 

Mai 2015

Le traiteur ON NEM  à Ouveillan

 

 

Il en va des métiers de bouche comme du reste du commerce : la standardisation envahit tout ! Lorsque nous cherchons à faire un bon repas, en dehors des endroits qui nous sont familiers, nous avons souvent de mauvaises surprises : malgré un décor prometteur ou une carte alléchante on nous sert une nourriture banale, voir franchement mauvaise. Il en est de même pour les traiteurs, en dépit des étiquettes et publicités qui constellent leurs vitrines ou leurs prospectus.

Arrivant à l’improviste chez des amis à l’heure du dîner – on ne peut faire cela qu’avec de vrais amis -, j’ai failli provoquer un petit drame familial. Mes amis qui rentraient juste de voyage se lamentaient devant la pauvreté de leurs réserves : pas de quoi faire un repas digne de ce nom ! C’est alors que, soudain, l’épouse de mon ami décréta qu’elle allait chercher « de quoi » chez le traiteur asiatique.

Je vous avoue que sa décision ne souleva pas un grand enthousiasme chez moi : on trouve tout et n’importe quoi dans ces cuisines si répandues de nos jours  que sont les cuisines asiatiques, italiennes, espagnoles, où l’exotisme des saveurs et le caractère souvent trop relevé des mets, semble avant tout servir à masquer la faiblesse des produits utilisés !

 

Aussi ma surprise fut grande et mes craintes totalement dissipées quand la maitresse de maison après un rapide aller/retour à Ouveillan nous servit un « Bo Bun » vietnamien qui fut sans conteste le meilleur que j’ai eu l’occasion de déguster. Pour le lecteur qui ne connait pas, le « Bo Bun » se sert dans un grand bol. Il s’agit d’un assemblage de petits nems, de fines tranches de bœuf mariné, de vermicelles de riz, de germes de soja, de salade (laitue ou batavia), le tout saupoudré de cacahuètes pilées et accompagné de sauce nem ou nuoc mam allongé ainsi que d’un mélange de menthe et de coriandre frais hachés.

Le « Bo bun » servi correctement constitue un repas à lui seul. C’est ce qu’en Suisse nous appelons un « Eintopf ».

Contrairement aux apparences et comme pour tous les « Eintöpfe » c’est un plat délicat à réaliser. Les différents ingrédients nécessitent des cuissons particulières, faute de quoi on obtient une sorte de marmelade molle et sans saveur : c’est hélas les cas des « Bo Bun » servis dans la majorité des restaurants asiatiques.

C’est pourquoi je tiens à adresser des félicitations toutes particulières à Madame Nary Phuong, la patronne et cuisinière d’On Nem : les fines tranches de bœuf mariné étaient cuites à point, les petits nems croustillaient sous la dent, tandis que les vermicelles cuits « juste ferme »conservaient une tenue et une consistance de bon aloi. Au fond du bol, les germes de soja bien frais et craquants diffusaient un léger goût de noisette, complété par la fraicheur des feuilles de laitue finement découpées. Rien à reprocher à l’assaisonnement délicat dont il faut particulièrement relever le mélange menthe et coriandre « cueilli le matin ».

 

Mais il serait injuste de ne citer que le « Bo Bun », car le talent culinaire de Madame Phuong,  son choix judicieux et sans concession des produits s’expriment avec bonheur dans d’autres mets que j’ai eu le plaisir de goûter par la suite. Les dim sum, les nems, les samoussas, les divers beignets et les rouleaux de printemps sont absolument délicieux de même que sa préparation de légumes sautés « juste fermes ». Et que dire en fin de repas des boules de coco, des petits nougats et surtout du gingembre confit dont on ne trouve pas d’équivalent dans le commerce local !

 

Oui le traiteur On Nem vaut le voyage à Ouveillan où il constitue incontestablement un atout pour la commune. Mais attention Madame Phuong qui travaille seule en cuisine prend le temps nécessaire à la préparation minutieuse des produits qu’elle a sélectionnés c’est pourquoi l’établissement n’est ouvert que le soir de 18h30 à 21h du mardi au samedi et de 10h30 à 13h & 18hà 21h le dimanche.

Encore bravo à Madame Phuong et à son époux pour le travail de grande qualité qu’ils réalisent à On Nem.

 

                  Tubhardt von Hustenburg pour le Clairon de l’Atax le 17/05/2015

 

 

Mars 2015

 

L’Écailler Gourmet à Narbonne : c’est bon, c’est frais, c’est gai !

 

Chers lecteurs du Clairon de l’Atax, ce mois-ci c’est moi, Katherina Von Hustenburg, qui prends la plume. Mon époux, critique gastronomique, connu aussi pour ses capacités exceptionnelles à comprendre les femmes, m’a tout naturellement cédé la place à l’occasion de ce rendez-vous annuel si important qu’est la Journée Mondiale de la Femme. C’est pourquoi je vais vous raconter notre très agréable expérience au restaurant de Narbonne l’Écailler Gourmet.

 

Voici un lieu où l’on sait vous accueillir avec jovialité, même si vous n’avez pas réservé, en plein boum dans un restaurant bondé. La chance aussi nous a souri (dernière table disponible !) et apporté un premier enseignement : à l’Écailler mieux vaut réserver, même un soir de semaine.

Ambiance, décor très sympathiques : il y a de la couleur, de la vie, des discussions animées dans les deux salles et un service chaleureux, souriant, voire espiègle, réjouissant et revigorant en ces temps si malaimables. On vous indique un peu d’attente, mais les délicieuses tapas arrivent très vite et c’est parti... Pour faire son choix on peut lorgner vers les vitrines réfrigérées de la première salle ou les plats qui passent et repassent vers les tables voisines. Appétissant !

Couteaux à la catalane goûteux à souhait, tapenade maison presque croquante, anchois finement assaisonnés, crevettes marinées. Pas de quoi s’impatienter…

On prend alors le temps de venir vous montrer, en prévision de la suite, les poissons choisis. En l’occurrence : un loup d’une part et un assortiment destiné à la parillada d’autre part. Des poissons bien frais, bien bleus, la peau lisse et brillante.

D’enthousiasme, vous reprenez une goulée de Chardonnay.

Le loup grillé vous est à nouveau présenté à nouveau, bien doré et entier, on vous propose de le découper : quand il revient pour la troisième fois, c’est prêt à consommer sans arêtes ni souci d’aucune sorte, assorti d’une gourmande construction légumière et souligné d’une ravissante arabesque fleurie et parfumée d’huile verte et de balsamique mordoré. La parillada tient sa promesse : coquilles saint Jacques, lotte, loup et daurade. La cuisson des poissons est exquise : ni trop ni trop peu, les légumes sont aussi variés qu’inventifs : julienne crémeuse sous les Saint Jacques (et nid de spaghettis à l’encre de seiche), timbale savoureuse embarquant écrasé de pomme de terre, aubergines, poivrons grillés, champignons…, avec en guise de mât une somptueuse asperge verte.

Les prix sont très raisonnables, les assiettes si copieuses qu’il nous faudra une nouvelle visite pour pouvoir vous parler des desserts. Ou des plateaux de fruits de mer.

Fraîcheur, saveur et bonne humeur. Nous faut-il plus ?

 

Katherina Von Hustenburg  pour le Clairon de l'Atax 08/03/2015 (traduit du Suisse alémanique par C.B)

 

Janvier 2015

 

1ère critique : Le Restaurant Chantovent à Minerve

 

Pendant très longtemps, lorsque je tenais l’Auberge Restaurant « Zum Pfeifendem Dachs », dans mes montagnes chéries au cœur de l’Engadine, je voyais tous les week-end, à l’heure des repas, mes clients qui sortaient avec peine de leurs grosses voitures allemandes garées sur le parking du restaurant et qui trottinaient d’un pas lourd vers ma porte, sans un regard vers le Piz Bernina qui dominait ma vallée de ses 4000 mètres scintillants sous le soleil. Je n’arrivais pas à comprendre comment on pouvait apprécier un repas sans avoir fait un minimum d’efforts auparavant. Depuis mon enfance, pendant tous les étés, je ravitaillais nos bergers dans les alpages, le repas était toujours le couronnement d’une longue et épuisante marche où je hissais dans mon Rucksack, lourdement chargé, le ravitaillement et le petit matériel réclamé par nos montagnards.

Faire un effort avant de passer à table est en quelque sorte une règle de vie que je me suis fixée une fois pour toute depuis cette heureuse époque qu’on appelle l’enfance, règle que j’observe encore de nos jours, chaque fois que je peux, malgré le temps moderne qui nous presse et nous accélère.

C’est pourquoi en ce jour du 23 décembre à Minerve je suis parti du parking, un peu avant 10 heures, pour monter sur ce plateau qui sépare les gorges du Brian et de la Cesse. Les amis qui m’accompagnaient m’avaient parlé de Dolmens situés un peu plus haut. Nous en avons aussi quelques uns en Suisse et j’avoue que ces témoignage d’un passé si lointain ne me laissent jamais indifférent. C’est ainsi que nous avons fait une grande boucle sur le Causse, là où le plateau offre le spectacle majestueux de la plaine de l’Aude avec en arrière fond les Pyrénées qu’on devinait malgré le temps un peu bouché…nous sommes arrivés, un peu après midi,  à notre étape le restaurant Chantovent, perché sur le rocher farouche de Minerve.

       L’accueil fut franc, sincère, sympathique et sans chichis. J’ai horreur de ces ambiances rigides et de ces cérémonies absurdes que certains restaurants se permettent, comme si elles étaient nécessaires pour justifier leurs prétentions gastronomiques. Non : ce qu’il faut absolument, c’est que le client soit à l’aise, assis sur sa chaise (en passant celles du Chantovent sont rustiques, mais assez confortables pour quelqu’un de mon gabarit)…et devant des couverts simples et de bon goût…

       On nous a présenté la carte : propositions intéressantes à des prix raisonnables, des menus de 21€ à 60€ pour le menu « gourmet »…de même pour la carte des vins qui fait la part belle aux vins de la région à des prix eux aussi très raisonnables. En apéritif, comme nos amis fêtaient un anniversaire, ils optèrent pour le « champagne vigneron Pascal Walczak –cuvée prestige- Les Ricey (10)» un assemblage de 75% de Pinot noir et 25% de Chardonnay, tout à fait réussi, qui figurait sur la carte à côté d’un vin à bulles d’Ornaison. Je ne suis pas très « champagne » surtout que j’ai gouté dans ma carrière beaucoup de vins à bulles dont certains sont tout à fait comparables à des champagnes boostés par un marketing abusif. Alors ce vin d’Ornaison est pour moi une curiosité que je goûterai certainement lors de ma prochaine visite.

Nous avons appris que le restaurant fermait pour ses congés après le service,  pourtant aucune option de la carte ou des menus ne manquait, signe d’un vrai professionnalisme et témoignage d’un respect des clients.

      Je n’ai pas l’habitude de picorer dans les assiettes de mes voisins lorsque je suis au restaurant, même si je comprends que dans certains cas on a envie de partager son enthousiasme. J’ai ainsi goûté des bouts de fourchettes que me tendaient mes amis enthousiastes et j’ai dû en faire de même, pourtant je ne pense pas que cela me donne le droit d’émettre un avis sur ces différents plats. Je me contenterai donc de parler de ce que j’ai commandé d’autant plus que je considère que chaque menu proposé constitue une composition créée par le chef et qu’il faut donc suivre le cheminement qu’il nous propose.

     J’avais opté pour «des escalopées de Saint Jacques sur purée lisse de potimarron, juste saisies, émulsion de safran de Monsieur Finazzi.». Un plat délicieux, parfaitement équilibré, arrivé sur table à la température adéquate : on sent que le chef maîtrise parfaitement les épices. Pourtant ce n’est pas facile de jongler avec des Saint Jacques qu’il ne faut pas oublier trop longtemps dans la poêle et le potimarron dont la saveur délicate ne supporte pas l’excès d’assaisonnement...enfin si on veut un résultat de qualité ! Ce sont souvent les plats les plus simples qui sont les plus délicats à réussir...alors, oui, bravo au Chef Nicolas Bru et à son équipe pour ce premier bonheur du palais !

   J’ai poursuivi mon repas avec un : « Agneau cuisson basse température 66 degrés en 22 heures, ail chemisé confit et thym géraniol. » Un agneau dont les morceaux fondent sous la pression de la langue qui les pousse contre le palais ! Une cuisson parfaite : mais l’agneau ne fond pas seulement dans la bouche, il dialogue avec l’ail en chemise, confit... Ici encore l’équilibre des goûts se fait avec bonheur ! Et puis il y a le thym géraniol ! Le thym est à lui seul un univers : il ne faut pas s’arrêter à ce qu’on nous propose au rayon - herbes et épices -  des supermarchés, histoire de faire provençal ! Froissez des feuilles de diverses variétés de thym et vous constaterez la différence. Pour ma part j’adore le thym géraniol, un peu plus rare que les autres, plus montagnard aussi : il y en a dans mon pays près de chez moi. C’est aussi un thym moins violent dans les assaisonnements, je trouve qu’il donne un goût de « fleurs de montagne » aux viandes qu’il assaisonne. Il aurait en plus de vertus médicinales selon nos anciens ! Ici encore un grand bravo pour ce plat délicieux, bien dressé, bien servi !

      Au plaisir de cet agneau au thym j’ai ajouté l’assiette de  fromages et sa gelée de romarin : autant continuer ce jeu de contraste avec des herbes réputées puissantes mais ici parfaitement domestiquées pour servir de faire valoir à de très bons fromages que je suppose « du pays ».

     J’ai terminé mon repas par une : « Sphère de chocolat, cœur de glace fève tonka, chocolat cédrat fondu au moment, sur son biscuit moelleux ». J’ai aimé ce moment où, comme par un tour de passe-passe, la sphère de chocolat se creuse sous le liquide chaud du chocolat cédrat. J’ai apprécié l’emploi de ce fruit si méditerranéen qui disparait de plus en plus des étals et qui pourtant apporte son parfum acidulé si caractéristique. Ce n’est pas facile d’être bon dans toutes les parties d’un repas parfois les chefs pêchent par leurs desserts : mais il me semble que ce n’est pas le cas au « Chantovent »…

    Je conclurai par une heureuse surprise : le vin !  Pour suivre le champagne nous avions opté pour un vin rouge. Après beaucoup d’hésitations nous nous sommes arrêtés sur un rouge du Domaine Vordy à Minerve : il s’agit de la « cuvée Louise », un Minervois AOP, composé de 60% Syrah, 40% Grenache et Carignan. Une merveille ! On hume les mûres et le cassis, le palais se peuple de rondeurs, les tanins sont juste présents comme il faut avec juste le petit piqué poivré en fin de bouche…..et le tout à un prix que je n’ose pas dévoiler de peur de voir cette cuvée dévalisée et de plus en trouver à mon retour !

 

    Alors oui,  une étape au Restaurant Chantovent à Minerve s’impose, bravo encore à son propriétaire le Chef Nicolas Bru et aussi à son équipe : nous y reviendrons c’est sûr !

 

 

      Tubhardt von Hustenburg

                            (traduit du Suisse alémanique par C.B.et JM.W.)

 

-Références essentielles-

janvier / février 2017:

 

Constitution française du 24 juin 1793  article 35 :

 

- Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.-

 

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Édition spéciale élection présidentielle  2ème tourOnt contribué à cette édition spéciale 2ème tour :

 

VB (Toulouse)

Catherine Burger

Jean Cordier

Jean François Lambert

Pierre Lefèvre

CMT (Paris)

Joël Raimondi

Rédaction, animation équipe, mise en page : Hubert Reys

 

Édition 31.0

 

Ont contribué à cette 30ème édition :

 

André Bories

Catherine Burger

Jean Cordier

Marie Diaz

Jean François Lambert

Pierre Lefèvre

Curly Mac Toole

Sophie Masini

Patricia Renaud

Colin Reys

Louise B Velpeau

Colette Vexenat

Daniel Vexenat

Philippe Wirth

 

 

 Rédaction, animation équipe, mise en page : Hubert Reys

 

 

L’équipe de rédaction du « Clairon » les remercie.

 

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Contenus de la 31ème édition :

 

Page d'accueil :

Éditorial : "Il a osé : voici le temps des imposteurs"

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Rubrique actualités générales  :

 

1°)"Devinez pour qui je vote"

2°) "Élections, piège à cons, abstention piège à quoi ?"

3°)  Oncle Jef : "Peut on être indifférent ?"

4°)Un texte de JFL intitulé : "Hamon, Macron, Mélenchon"

5°) Le résultat d'un questionnaire adressé par le mouvement pour la 6ème république aux candidats de la présidentielle

5°) Un article sur le CA d'EDF relatif à la fermeture de la centrale de Fessenheim

6°) Sélection des mois précédents

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Rubrique actualités locales :

 

1°) Un reportage sur le meeting du 16 avril de la France Insoumise à Toulouse

2°) Un article sur la réunion d'information du conseil municipal de Narbonne relative au projet TDN / Areva / Malvési

3°)  Un article qui présente une solution  altenative de Rubresus au traitement des effluents nitratés de Malvési

4°)  Info sur la pétition contre le projet TDN d'AREVA / Malvési

5°) Info pratiques du Clairon

6°) Sélection d'articles des mois précédents

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Rubrique culture :

 

1°) cinéma 2 films : "La Confession" : France  un film de Nicolas Boughrief + "L'autre côté de l'espoir" Finlande un film d'Ari Kaurismäki  + une sélection des mois précédents...

2°) lecture  :présentation de 2 romans  : "Petit pays" de Gael Faye et "La petite lumière" d'Antonio Moresco  + sélection des mois précédents...

3°) People, places and things : présentation d'un petit paradis, l'écolodge "Kasa Igreja" au Cap Vert ou la sobriété heureuse...

4°) Littérature : une nouvelle satyrique rapprochant Tahiti du Luxembourg : "Le crane de Taipivai"

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Rubrique art de vivre :

 

1°) recette de cuisine  : la tarte aux tomates et poivrons : une recette de Nelli

2°) bricolage : la solution du jeu : "l'évasion du roi Dan"

3°) Jardin : lutter contre le frelon asiatique

 

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Rubrique contacts :

 

Le courriel d'un lecteur sur la pollution sonore et atmosphérique par les engins agricoles qui stationnent moteur allumé....