Nous avons le plaisir de présenter  à nos lecteurs une rubrique « cinéma ». Celle-ci sera consacrée à la critique de films en cours de diffusion ou à venir. Cette rubrique mensuelle sera tenue par Patricia Renaud, une citoyenne cinéphile habitant Chambéry (eh oui, la diffusion du Clairon de l’Atax dépasse les limites de la région !). Pour accéder à cette rubrique il suffit d’ouvrir l’onglet « culture » et de cliquer sur la rubrique « cinéma ». Bien entendu les avis et commentaires de nos lecteurs sur les films présentés seront les bienvenus.

L’équipe de rédaction du Clairon de l’Atax

Préambule :


Je tiens tout d'abord à préciser que je ne suis pas critique de cinéma et que je n'en ai pas les compétences. Je suis tout simplement une citoyenne "lambda" qui aime le cinéma, qui fréquente les salles obscures assez souvent au moins une fois par semaine et qui a envie de partager son émotion, son enthousiasme ou sa déception après une séance.

Je précise que je ne lis jamais les critiques avant d'aller voir un film.  Ma démarche tient au coup de cœur pour un thème, une histoire, des acteurs.


Patricia Renaud

 

Les films sortis récemment et sélectionnés par le Clairon de l'Atax

 

La Confession

France – 1h56 – 2016 – librement interprété du roman " Léon Morin, prêtre " de Béatrix Beck.

 

 

Un film de Nicolas Boukhrief avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne le Ny.

 

 

Dans une petite ville de province pendant l'occupation allemande, un nouveau prêtre dans la paroisse défraye la chronique.  Une résistante à cette passion, la jeune employée de la poste, Barny, communiste et athée est un peu agacée par l'admiration  de ses collègues vis-à-vis de ce prêtre et elle décide de le défier sur son territoire, le confessionnal.

 

C'est le début de joutes verbales, de rhétorique et de discussions sur l'existence de Dieu, ils s'affrontent avec respect, il lui prête des livres, elle le provoque avec orgueil. Mais à leur insu, pour l'un et l'autre, c'est le début d'une grande passion.

 

Ce film est très agaçant car il repose la question du célibat des prêtres qui me paraît une sottise monumentale surtout au 20e siècle, mais il sonne juste dans le sens où se confrontent deux personnalités fortes, convaincues, l'une de sa religion, l'autre de sa politique. Cette femme et cet homme se retrouvent toutefois sur des principes, celui de l'humanité par exemple puisque Barny, non croyante, prend le risque d'héberger une famille juive, celui de la foi et de l'amour auxquels se raccroche le prêtre lorsqu'il prêche lors des funérailles de dix otages tués par les Allemands. Il nous montre aussi le paradoxe de ces hommes et de ces femmes pris dans un conflit où ils apparaîtront tantôt intègres et fidèles à des convictions tantôt menaçants et prêts à collaborer.

 

En premier plan, Barny et Léon ne se font que l'écho de ces tiraillements.

 

Romain Duris incarne le personnage du prêtre, fort, sans faille, puis qui doute et qui combat. Il est juste dans son discours et la retraite qu'il a effectué dans un monastère l'a sûrement aidé à mieux comprendre ce religieux.

 

Marine Vacth, tellement belle, avec un profil très pur, présente tout au long du film une femme tiraillée entre ses convictions politiques et son attachement pour ce prêtre, à tel point qu'elle ne saura même plus si sa conversion est motivée par l'amour d'un Dieu qu'elle aura découvert ou  par l'amour qu'elle porte à Léon.

 

Un beau film qui porte à réflexion.

 

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 18/04/2017

 

 

L'autre côté de l'espoir (Tolvon tuolla puollen)

Finlande – 1h38 – 2017 – Ours d'Argent du Meilleur Réalisateur Festival Berlin 2017.

 

 

Un film d'Aki Kaurismäki avec Sherwan Haji, Sakari Kuosmanen, Ilkka Koivula.

 

 

A Helsinki, Khaled jeune réfugié syrien se cache, sa demande d'asile a été refusée. Il croise la route de Wikström qui a décidé à 50 ans de changer de vie. De cette rencontre, il en sortira une certaine solidarité.

 

Un film tout en nuances, Kaurismäki souffle le chaud et le froid, on dirait qu'il est spécialiste de la douche écossaise !! Cela démarre très fort dans la cale de ce cargo:  un plan étonnant tellement minéral et tellement humain. Et tout le film est bâti sur ces nuances qui font alterner, l'humanisme et la terreur, la solidarité et au mieux l'indifférence, au pire la cruauté.

 

Aux images d'Alep en ruines, il oppose le discours de l'administration finlandaise qui juge que la situation n'est pas suffisamment insécuritaire pour accorder le droit d'asile à Khaled. Univers kafkaïen !

 

A l'opposé, une chaîne de soutien s'organise pour donner un travail à Khaled, le nourrir et l'héberger (même si c'est au fond d'une réserve dans le sous-sol sordide d' un garage), pour chercher sa sœur réfugiée en Ukraine.

 

A l'opposé aussi, nous sommes confrontés à des scènes comiques, par exemple lorsque Wikström tente de donner un coup de jeune au restaurant qu'il a acheté avec l'argent gagné dans une partie de poker !!

 

Mais quelle est la face cachée de l'autre côté de l'espoir ?. Je ne suis pas sûre que le dernier plan du film nous engage vers l'optimisme.

 

Kaurismäki nous donne à voir du grand cinéma.

 

 

 

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 29/03/2017

 

 

Films sélectionnés précédemment par le Clairon de l'Atax

 

TRAMONTANE

Liban / France/ Qatar – 1h45

Un film de Vatche Boulghourjian avec Barakat Jabbour, Julia Kassar, Michel Adabashi.

 

 

 

Rabih, jeune chanteur aveugle, découvre alors qu'il doit obtenir un passeport pour aller en tournée en Europe qu'il a été adopté. Il découvre qu'aucun acte de naissance n'existe, qu'il n'a donc aucune identité. Il va partir à la recherche de son histoire mais se heurte à une série de mensonges qui l'amène à arpenter le Liban et à découvrir les ravages de la guerre.

 

Cette quête linéaire qui ballotte le héros de lieu en lieu, de silence en silence s'inscrit en parallèle de l'histoire chaotique du Liban en particulier de cette guerre civile ou vainqueurs et vaincus se côtoient, où bourreau et victime d'hier se croisent  dans la rue aujourd'hui et semblent cohabiter.

 

Cette cohabitation ne se fait qu'au prix du silence et de la cécité.

 

Cette longue déambulation est scandée par la musique libanaise et une lente mélopée qui évoque une souffrance indicible et perpétuelle.

 

Rabih ne va "entrevoir" la vérité qu'en un très bref instant et la perdra tout aussi vite par la "volonté de Allah".

 

Ce film révélateur de l'histoire du Liban est peut-être un peu trop lent, trop répétitif mais il montre à la fois le déterminisme d'une religion et le champ de ruines imaginaire que traîne dans sa mémoire tout être humain confronté à la guerre.

 

 

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 16 mars 2017

 

LOVING

U.S.A. – 2h03 – 2016

Un filmde Jeff Nichols avec Joël Edgerton, Ruth Negga.

 

1958 dans l'état de Virginie, Mildred est noire et Richard est blanc, ils s'aiment et veulent se marier. Mais les mariages mixtes sont interdits en Virginie, qu'à cela ne tienne ils iront se marier dans le district de Columbia à Washington et reviendront vivre en Virginie au milieu de leurs familles respectives. Ils sont dénoncés, arrêtés et condamnés à 5ans de prison (1an grâce à leur avocat) sauf s'ils quittent la Virginie pour 25 années. Ils iront donc vivre à Columbia avant d'être contactés par des avocats de l'American civil Liberties Union qui décident de les aider, portent l'affaire devant les tribunaux et finalement devant la Cour Suprême qui décidera de leur donner raison en 1967.  L'arrêt Loving v. Virginia signera la suppression de l'interdiction       des mariages mixtes.

 

Cette histoire est vraie et quel film ! Tout est juste, le ton, les regards,  Mildred et Richard sont remarquables. Mildred tout en retenue, en dignité dont les regards disent tout l'amour qu'elle porte à Richard; mais on sent chez cette femme une volonté de fer tant pour s'adapter à la ville, elle qui n'a connu que les grands espaces et le calme de la campagne que pour se battre et faire reconnaître "qu'ils n'ont fait aucun mal".

 

Richard est émouvant dans ses silences, c'est un taiseux qui n'utilise que peu de mots pour faire valoir ses droits. Avec acharnement, il empile ses moellons, travailleur infatigable, il prouve son amour en étant présent pour sa famille. Il sera mal à l'aise devant les caméras, peu enclin à s'exprimer. Il supportera toutefois avec patience les démarches des avocats qui se battront pour changer la loi et l'irruption d'un journaliste du magazine " Life" qui décriera la vie des Loving et fera avancer leur cause.

 

Dans ce film tout est traité avec finesse, pas de grands discours, pas de vitupérations, mais une évidence qu'il convient de dénoncer et c'est fait avec brio.

 

 

 

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 22/02/2017

 

 

 

Tempête de sable

 

Israël – 1h28 – 2016

Un film de Elite Zexer avec Lamis Ammar, Ruba Blal Asfour, Hitham Omari.

 

Un village  bédouin en Israël à la frontière de la Jordanie. Suleiman déjà marié à Jalila s'apprête à prendre une deuxième épouse.  Pendant que la fête bat son plein, Jalila découvre que sa fille aînée a une relation avec un garçon qu'elle a rencontré à l'université où elle suit des études.

Cette relation va servir de démarrage à une crise familiale étroitement liée aux traditions.

Nous voilà confrontés d'emblée à la situation de la femme dans la société musulmane et ce n'est bien évidemment pas la première fois au cinéma. Mais dans ce film il y a peu de dialogues et beaucoup de regards et tout se joue dans ces regards, le conflit, la colère, l'incompréhension, la rébellion.

C'est un film de paradoxes, de secrets, de silences. Chaque protagoniste porte en lui son lot de mystères.

Dans les premières images Layla conduit un pick-up sous la direction de son père mais arrivés devant le village, c'est le père qui reprend le volant. Un père qui n'a fait que des filles et qui espère peut-être avoir un garçon avec sa seconde épouse plus jeune. Un  père écrasé par les traditions et qui se plie de bonne grâce au rôle de chef de famille mais qui découvrira finalement qu'il a perdu la confiance de sa fille. Il apparaît comme permissif mais se révèle intransigeant et prêt à faire respecter la tradition.

Jalila, la mère, pleine de colère et de ressentiment contre cette deuxième femme qu'on lui impose.

Une femme, dure à la tâche, qui ne se plaint pas et travaille dur pour tenir sa maison. Une femme qui tient à son mari et qui montre peu ses sentiments à ses enfants. C'est pourtant elle qui soutiendra sa fille  et s'opposera fermement à son mari quant il s'agit de la marier.

Quant à Layla, elle est écartelée comme beaucoup de jeunes de sa génération, tiraillée entre deux mondes totalement incompatibles. Elle s'oppose violemment, elle se rebelle, puis elle a peur de cette liberté qu'elle vient de conquérir. Elle finira par rentrer dans le rang.

La dernière scène du film est très belle, car on sent que le relais est passé à la deuxième fille, Tasnim dont la dernière parole sera ce "non" définitif.

Enfin peut-être……

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 07/02/2017

 

LUMIERE !

 

L'aventure commence

Un film composé et commenté par Thierry Frémaux

France – 2016- 1H30

Vient de sortir sur les écrans français un film rare, un film consacré à l'invention du cinématographe. Son, ou plutôt ses auteurs sont tout d'abord les frères Lumière, célèbres inventeurs de cette technique géniale qui n'a pas finie de nous émerveiller depuis 1895. Pour faire connaître leur invention ils ont envoyé à travers le monde des opérateurs pour rapporter et montrer au public dans des cafés ou des salles de théâtre ce miracle de l'image animée. D'autre part, celui qui a conçu et monté ce film, Thierry Frémaux, est le directeur de l'Institut Lumière à Lyon qui se trouve sur les lieux même où fut mis au point la première machine dans l'usine de Louis Lumière, mais est plus connu à travers le monde comme le directeur du Festival de Cannes. Ce cinéphile passionné par l'histoire du cinéma a sélectionné parmi les 1500 films de 50 secondes réalisés par ces géniaux lyonnais, 108 petits chefs d’œuvres. Certains sont très connus comme La sortie des usines Lumière, L'arroseur arrosé, L'arrivée du train en gare de La Ciotat ou Le repas de bébé, d'autres par contre sont totalement inconnus.

Regroupés par thématiques, les films que vous allez découvrir ont été restaurés et numérisés et sont d'une qualité exceptionnelle compte tenu de la technique utilisée encore balbutiante.

Un joyeux commentaire de Thierry Frémaux accompagne ces images qui nous font découvrir un monde disparu. Lyon, Paris, Marseille, Istanbul, Le Caire, Londres et bien d'autres capitales nous sont révélées avec leur population agitée ou curieuse de l'activité de l'opérateur qui tourne sa manivelle et montre quelque fois sa main pour chasser des curieux trop empressés. D'autres films nous font assister à des scènes cocasses dont on ne comprend pas toujours la finalité mais dont on rit abondamment. Nous découvrons également les premiers pas des alpinistes sur les glaciers du Mont-Blanc ou la pauvreté d'un village indochinois puis nous participons à la vie familiale des Lumière, à Lyon ou dans leur propriété de La Ciotat. Ce sont alors des mises en scènes fort amusantes dont les principaux acteurs sont les enfants de la famille qui se prêtent très volontiers au jeu.

Mais quelque soit le sujet du film on est frappé par une grande maîtrise du cadre et par la beauté des contrastes entre les noirs et les blancs. Ces premiers opérateurs du cinéma ont d’emblée inventé tout le cinéma et ses différentes formes. Ils sont passés du documentaire à la comédie en au film intimiste ou au film d'aventures. Les commentaires toujours intelligents de Thierry Frémaux nous accompagnent tout au long du film et nous permettent de jouir pleinement de la beauté et de l'exceptionnel intérêt de ces films qui ont plus d'un siècle et qui restent d'une fraîcheur remarquable.

Ne ratez pas ce film qui au delà de ce que vous y apprendrez vous offrira 1h30 de vrai plaisir cinématographique.

Lydie Valero pour le Clairon de l’Atax le 21 février 2017

 

Les Ogres

De Léa Fehner

France 2015 (2h22)

 

Ce film a reçu le prix Louis Delluc du premier film. Le caractère original de ce qu’il raconte, le lieu où il a été tourné laissent présager deux carrières : celle du circuit de distribution « classique » et celle d’une distribution dans des lieux publics à vocation culturelle ou socioculturelle. Il n’est donc pas exclus de le revoir prochainement dans notre région…

L’histoire est celle d’une famille de comédiens qui présentent des spectacles sous un chapiteau de cirque qu’ils déplacent de ville en village. Ils s’installent dans l’Aude à Port la Nouvelle. Et cette famille, à géométrie variable, assume une existence libre, une vie de bohème qui connait des hauts et des bas, des problèmes de cœur, de vie de mort, d’argent. Toutes les péripéties, les affects auxquels ces comédiens sont confrontés, sont vécus avec une passion parfois exacerbée et parfois leur métier se mélange à leur vie privée…

Il y a aussi les relations de ces comédiens saltimbanques avec les habitants des localités où ils installent leur chapiteau. C’est un peu comme l’atterrissage d’un OVNI ils inquiètent et séduisent à la fois, ils sont si étrangers à la vie habituelle…

J’ai eu la chance il y a longtemps de participer à cette vie de comédien ambulant, ce que raconte ce film est totalement juste m’a beaucoup émue et correspond à ce que j’ai connu. Quel est l’avenir de ce mode de diffusion artistique libre, ambulant, en marge, dans une société qui règlemente et encadre de plus en plus les activités humaines ?

 

Lea Fehner a connu avec sa sœur Inès Fehner, une des actrices du film : leurs parents faisaient ce métier de comédiens ambulants avec un chapiteau. Ce sont en partie ses souvenirs qu’elle filme remarquablement bien à partir d’un scénario qu’elle a coécrit avec Catherine Paillé et Brigitte Sy

 

Louise B Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 18/01/2016

 

La Sociale

 

France – 1h24 – 2015

 

Un film de Gilles Perret.

 

 

"Il faut en finir avec la souffrance et l'exclusion. Dans une France libérée, nous libèrerons les Français des angoisses du lendemain".

Ainsi s'exprimait le président de la Commission du Travail, Ambroise Croizat dans le gouvernement provisoire d'Alger autour du Général de Gaulle.

Qui est Ambroise Croizat ? et qui sait aujourd'hui ce qu'il a fait ?

En novembre 1945, il est nommé ministre du Travail , il y restera jusqu'au 5 mai 1947. Deux années pour bâtir et mettre en place le système de la Sécurité Sociale.

Ce fils de manœuvre ferblantier, né en 1901, commencera à travailler à 13ans comme ajusteur. Il adhèrera à la CGT puis à la SFIO. En 1936, il est élu député de Paris du Parti Communiste dans le 14e arrondissement. Durant la guerre, il est arrêté, puis incarcéré avec d'autres députés communistes. Il connaîtra 14 prisons françaises puis le bagne à Alger avant d'être libéré en 1943.

On lui doit : la mise en place de la Sécurité Sociale, les comités d'entreprises, la formation professionnelle, la médecine du travail, le statut des mineurs, celui des électriciens et des gaziers (cosigné avec Marcel Paul), la prévention dans l'entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles, de multiples ajouts de dignité au code du travail, le statut de la fonction publique,   la caisse d'intempérie du bâtiment, la loi sur les heures supplémentaires etc….

Il meurt à Paris le 10 février 1951. Un million de personnes l'accompagneront au Père Lachaise.

On ne s'ennuie pas une seconde dans ce documentaire intelligemment construit. Plusieurs intervenants (professeurs d'université, historien, docteur hépatologue, ouvrier métallurgiste, chargé de recherche en sociologie) se relaient pour expliquer l'esprit dans lequel la Sécu est construite.

Un bel hommage à un homme qui n'est même pas cité dans les locaux de l'Ecole Nationale Supérieure de la Sécurité Sociale à St Etienne.

Des esprits chagrins diraient peut-être que c'est à cause de son appartenance politique !!

En tout cas un film à voir.

 

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 5 décembre 2016

 

Moi, Daniel Blake

 

Grande Bretagne – 1h37 – 2015 – Palme d'Or Cannes 2016.

 

Un filme de Ken Loach avec Dave Johns, Hayley Squires, Dylan McKiernan.

 

Une lente descente aux enfers et la rencontre de deux "victimes". Daniel Blake a 59ans et vit à Newcastle en Angleterre,  il a des problèmes cardiaques et son médecin lui interdit de travailler. Il se voit dans l'obligation de demander une aide d'invalidité. Cette aide lui sera brutalement enlevée et c'est la confrontation absurde avec les services d'emploi qui lui demandent de faire une recherche d'emploi sous peine de sanctions.

Il va rencontrer Katie dans un bureau d'un Job Centers équivalent de notre Pôle Emploi. La trentaine, 2 enfants, elle cherche désespérément elle aussi un emploi. Elle va se heurter à une administration quasi privatisée qui fonctionne avec des statistiques et du rendement. Elle va subir la bêtise de professionnels qui ne veulent pas déroger à la règle. Dans ce monde déshumanisé, elle va sombrer petit à petit.

Cette palme, Ken Loach ne l'a pas volée. Le défenseur des faibles et des opprimés va exceller dans un film qui montre la réalité d'une société qui a perdu toute humanité et s'accroche frénétiquement à des lois désuètes, dépassées. Nous baignons dans un univers kafkaïen où Daniel est obligé de chercher un travail que son médecin lui interdira d'exercer. Injonction paradoxale !

Cet univers peut être considéré comme manichéen mais il n'y a pas de bons ni de méchants, simplement des individus (les employés des Jobs Centers) soumis à la pression de leur hiérarchie qui elle-même subit la pression de l'Etat. Daniel et Katie sont coincés dans les rouages d'une administration qui va les broyer.

Les deux acteurs principaux sont excellents dans la justesse de ton. Katie est bouleversante dans la scène à la banque alimentaire.  On a envie de soutenir Daniel dans son combat.

Bref, un film pas drôle mais tellement juste.

 

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 14/11/2016

 

Le Client

 

Iran/France – 2h03 – 2015 – Prix du scénario et prix d'interprétation masculine pour Shahab Hosseini Cannes 2016

Un film de Asghar Farhadi avec Shahab Hosseini, Taraneh Alidoosti, Babak Karimi.

 

Téhéran, des vitres qui éclatent, un immeuble qui menace de s'effondrer, Emad et Rana doivent déménager comme tous les habitants évacués en urgence. Ils trouvent refuge dans un appartement que leur loue un ami et collègue de travail.  Mais un événement va bouleverser leur vie. Rana est agressée dans la salle de bains après avoir ouvert la porte à qui elle pensait être son mari.

Emad ne peut supporter de voir sa femme perturbée psychologiquement, se sent offensé et ne va avoir de cesse que de se venger.

C'est un film difficile à comprendre pour des européens car il fait référence à des concepts culturels de la société iranienne dont nous sommes éloignés. Il est question de la maîtrise de l'image que l'on veut donner aux autres. Il faut montrer un visage lisse où "tout va bien", alors que pour Emad et Rana, tout ne va pas bien du tout.

Il est question d'une tradition qui refait surface avec force chez un homme ouvert d'esprit, artiste, quand un événement surgit avec violence. La critique iranienne a reproché à ce film de montrer une mauvaise image de l'Iran actuel (plus d'un million d'iraniens ont vu le film à Téhéran).

Il est vrai qu'il faut essayer de décrypter ce film à l'aide de valeurs fondamentales dans la société iranienne, sinon on passe complètement à côté de l'intrigue.

Je préfère vous renvoyer à la très bonne critique de Marie Nour Hakimi qui nous éclaire sur ses valeurs nécessaire à la compréhension du comportement de Emad.

http://www.slate.fr/story/127229/client-polemique

 

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 14/11/2016

-Références essentielles-

janvier / février 2017:

 

Constitution française du 24 juin 1793  article 35 :

 

- Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.-

 

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Édition spéciale élection présidentielle  2ème tourOnt contribué à cette édition spéciale 2ème tour :

 

VB (Toulouse)

Catherine Burger

Jean Cordier

Jean François Lambert

Pierre Lefèvre

CMT (Paris)

Joël Raimondi

Rédaction, animation équipe, mise en page : Hubert Reys

 

Édition 31.0

 

Ont contribué à cette 30ème édition :

 

André Bories

Catherine Burger

Jean Cordier

Marie Diaz

Jean François Lambert

Pierre Lefèvre

Curly Mac Toole

Sophie Masini

Patricia Renaud

Colin Reys

Louise B Velpeau

Colette Vexenat

Daniel Vexenat

Philippe Wirth

 

 

 Rédaction, animation équipe, mise en page : Hubert Reys

 

 

L’équipe de rédaction du « Clairon » les remercie.

 

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Contenus de la 31ème édition :

 

Page d'accueil :

Éditorial : "Il a osé : voici le temps des imposteurs"

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Rubrique actualités générales  :

 

1°)"Devinez pour qui je vote"

2°) "Élections, piège à cons, abstention piège à quoi ?"

3°)  Oncle Jef : "Peut on être indifférent ?"

4°)Un texte de JFL intitulé : "Hamon, Macron, Mélenchon"

5°) Le résultat d'un questionnaire adressé par le mouvement pour la 6ème république aux candidats de la présidentielle

5°) Un article sur le CA d'EDF relatif à la fermeture de la centrale de Fessenheim

6°) Sélection des mois précédents

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Rubrique actualités locales :

 

1°) Un reportage sur le meeting du 16 avril de la France Insoumise à Toulouse

2°) Un article sur la réunion d'information du conseil municipal de Narbonne relative au projet TDN / Areva / Malvési

3°)  Un article qui présente une solution  altenative de Rubresus au traitement des effluents nitratés de Malvési

4°)  Info sur la pétition contre le projet TDN d'AREVA / Malvési

5°) Info pratiques du Clairon

6°) Sélection d'articles des mois précédents

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Rubrique culture :

 

1°) cinéma 2 films : "La Confession" : France  un film de Nicolas Boughrief + "L'autre côté de l'espoir" Finlande un film d'Ari Kaurismäki  + une sélection des mois précédents...

2°) lecture  :présentation de 2 romans  : "Petit pays" de Gael Faye et "La petite lumière" d'Antonio Moresco  + sélection des mois précédents...

3°) People, places and things : présentation d'un petit paradis, l'écolodge "Kasa Igreja" au Cap Vert ou la sobriété heureuse...

4°) Littérature : une nouvelle satyrique rapprochant Tahiti du Luxembourg : "Le crane de Taipivai"

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Rubrique art de vivre :

 

1°) recette de cuisine  : la tarte aux tomates et poivrons : une recette de Nelli

2°) bricolage : la solution du jeu : "l'évasion du roi Dan"

3°) Jardin : lutter contre le frelon asiatique

 

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Rubrique contacts :

 

Le courriel d'un lecteur sur la pollution sonore et atmosphérique par les engins agricoles qui stationnent moteur allumé....