Les livres du mois sélectionnés par le Clairon de l'Atax

 

(avril / mai 2017)

 

Notes de lecture avril 2017

 

 

 

GAEL FAYE

 

Petit pays

 

Grasset, 2016, 198 p.

 

Prix Goncourt des lycéens 2016

 

 

Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Il passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel  voit ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule.

 

 « J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés… « 

 

Dans ce premier roman d’une extraordinaire densité,  Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une histoire tragique, (le génocide au Rwanda d’avril à juillet 1994), qui le confronte à l’horreur, au deuil.

 

Il est envoyé in extremis en France avec sa sœur ; son père meurt peu après assassiné  lors d’une embuscade, mais on  reste hanté par le destin terrifiant de la mère, Yvonne, que le narrateur retrouve, 20 ans après, lorsqu’il retourne au Burundi sur les traces de son enfance.

 

 

 

NB : Ce roman de Gaël  Faye a obtenu en 2016 Le prix Goncourt des lycéens et il faut souligner que le jury composé de 2000 lycéens sous l’égide de la FNAC et du Ministère de l’Education Nationale  récompense chaque année un ouvrage fort talentueux.

 

2013 : Le 4e mur de Sorj Chalandon ; 2014 : Charlotte de David Foerkinos ; 2015 : D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan ;

Cote : R FAY   à la médiathèque de Cuxac d’Aude, de Narbonne et beaucoup d’autres…

 

 

 

ANTONIO MORESCO

 

La petite Lumière

 

Verdier, 2014, 123 p.

 

Entre fable et roman métaphysique, Antonio Moresco fait ici le portrait d'un homme avide de solitude, submergé par la nature. On ne saura pas avec précision ce que fuit le narrateur de La Petite Lumière – sans doute le monde urbain contemporain, son désordre, sans doute aussi une lassitude, un désarroi plus intime et plus secret. Quand s'ouvre le roman, il est déjà là, solitaire et attentif, immergé dans un paysage de montagnes et de forêts dont la nuit, en tombant, estompe peu à peu les contours.

 

Un pied dans le roman, un autre dans la fable. Le style de Moresco est net, sûr, méticuleux, tandis qu'il déploie son intrigue : un homme plongé dans une nature qui s'avère aussi chaotique, effrénée, oppressante que la ville et la foule qu'il a quittées ; une solitude peuplée par l'omniprésence du monde animal qui grouille dans le ciel et dans les sous-bois ; une paix et un silence incessamment rompus par les secousses sismiques qui font trembler la terre, la conversation des hirondelles, le fourmillement des insectes, les lucioles et les petits rapaces. Quant à la petite lueur qui donne son titre au roman, c'est celle qui, « chaque nuit, chaque nuit, toujours à la même heure », s'allume soudain au loin, de l'autre côté de la vallée rocheuse au bord de laquelle est posée la maison. « C'est quoi cette lumière ?, je me suis demandé, parce que ici on est dans une zone de faille et il peut se produire des phénomènes de géoluminescence provoqués par une énergie émise à la surface de la terre... » En fait, non, il s'agit d'un enfant, solitaire lui aussi, qui bientôt confiera au narrateur être un enfant mort ….On est véritablement subjugué par cette fable, cette histoire qui nous échappe mais qui nous demande d’en chercher le sens caché, et quelle langue ! formidablement traduite de l’italien par Laurent Lombard.

 

 

Cote : R MOR  à la médiathèque de Narbonne

 

 

Catherine Burger pour le Clairon de l’Atax le 17/04/2017

 

 

Livres présentés les mois précédents

 

A lire absolument !

 

Note sur la suppression générale des partis politiques

 

Ce texte de 48 pages, rédigé en 1943, est paru pour la première fois en 1950. La philosophe Simone Weil (1909/1943) avait été 2 fois témoin en 1914 et 1939 de cette étrange passion qui saisit les peuples et les précipite dans le chaos et la mort.

 

On parle de la sagesse des peuples : elle légitimerait même la démocratie. Pourtant l’histoire universelle témoigne de cette folie soudaine qui les saisit et les agit au point de détruire les institutions censées assurer leur bien être. Simone Weil se réfère à Rousseau et sa conception idéaliste de l’organisation de la société. La raison serait la résultante de la somme des expressions et choix individuels mais comment faire pour que la passion ne les pollue pas ? Comment faire pour que la passion n’empêche pas les citoyens d’exprimer un jugement censé sur les affaires de la Cité ? Comment faire pour empêcher ces passions collectives qui circulent et trompent le peuple au moment où il est censé choisir ?

 

Or la démocratie, telle que nous la connaissons, est organisée en partis qui par définition divisent et opposent. Ils créent des passions, vivent et croissent de ces passions avec pour seul objectif la conquête du pouvoir en écartant tout ce qui fait obstacle : individus comme partis adverses. En cela les partis sont totalitaires. Adonnés à leur but ils ne considèrent que leur intérêt propre et non le bien public et bannissent toute liberté individuelle. Il faut donc éviter les partis qui ne sont pas nécessaires à l’expression démocratique, bien au contraire. D’autres formes de coopération entre citoyens permettent de diriger démocratiquement la Cité…

 

Ce texte d’une actualité brûlante (ce qui explique sa réédition) est à lire absolument !

 

 

 

Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 16/03/2017

 

 

 

 

 

Simone Weil : « Note sur la suppression générale des partis politiques » ; éditions ALIA  3,10€

 

 

« Hérétiques »

un grand roman de Leonardo Padura

Il y a juste un an, je vous invitais déjà à partager le plaisir de la lecture d'un roman de Leonardo Padura, écrivain cubain contemporain, très prolifique et non moins talentueux.

 

Par ces temps de froidure il n'est pas désagréable de s 'immerger le temps de cette lecture dans l'univers de Padura, de son héro Mario Conde et de sa chaude patrie insulaire.

 

L'ex-inspecteur de police, Conde est devenu dénicheur et vendeur de livres anciens grâce à ses connaissances bibliophiliques et à la complicité d'un partenaire moins bibliophile mais bien plus commerçant que lui. Mais La Havane où notre héro écume les bibliothèques privées oubliées, voit avec inquiétude le filon, dont il tire ses maigres revenus, se tarir petit à petit dans cette île soumise à un blocus américain depuis 50 ans.

 

Condé noie ses nombreuses déceptions dans des litres de rhum frelaté qu'il boit en compagnie d' un petit cercle d'amis, complices depuis le lycée où ils partagèrent les mêmes enthousiasmes pour un avenir meilleur.

 

Quand il reçoit la visite improbable d'un jeune et artiste polono-cubano-américain, lui promettant en échange de conseils un salaire très confortable, Conde ne peut qu'être très méfiant. Elias Kaminski, fils d'un juif polonais et d'une afro-cubaine vivant à Miami, sollicite Conde pour que celui-ci l'aide dans la recherche du passé cubain de son père, et d'un tableau qu'on attribue à Rembrandt et qui serait la propriété de sa famille depuis un lointain passé quand les juifs chassés d'Espagne au XVIème siècle, arrivèrent à Amsterdam où ils s'établirent durablement.

 

Le fil de cette recherche va s'entremêler avec le fil d'une autre histoire, celle de jeunes cubains en rupture de sociabilité, à la recherche d'une pureté dont ils ne trouvent pas trace sur leur île.

 

Cette quête, plus qu'une enquête nous transporte à travers le temps et l'espace, de Cuba à Amsterdam, du XXIème siècle à la Renaissance hollandaise dans l'atelier du grand maître du clair-obscur. Cette quête est aussi intellectuelle et spirituelle et elle nous fait partager tous les débats et toutes les interrogations des hommes de la Renaissance comme ceux du XX et du XXIème siècle qui veulent conquérir leurs libertés de penser, de croire et d'agir.

 

Leonardo Padura avec toute son érudition nous invite avec « Hérétiques » à découvrir une fresque humaine magnifique.

 

 

 

Lydie Valero pour le Clairon de l’Atax le 25/01/2017

 

 

 

« Le Détroit du loup »

 

d’Olivier Truc

Après la lecture du roman d'Olivier Truc « Le Dernier lapon » que je vous ai proposé en 2015, à nouveau je vous invite à la lecture d'un roman de ce même auteur intitulé « Le Détroit du loup ».

Avec ce roman nous retrouvons la Laponie avec ses frontières perméables aux déplacements des rennes et de leurs éleveurs. Il se situe à la sortie de l'hiver, quand la neige et la glace fondent et laissent apparaître une végétation qui ne demande qu'à croître. Le printemps est aussi le moment où la nuit fait place au jour rendant les hommes insomniaques et nerveux. C'est encore le moment de la transhumance des troupeaux de rennes et de la naissance des faons.

Cette mise en route des rennes et de leurs éleveurs met en transe la police des rennes et les autorités civiles qui admettent avec difficultés ce mode de vie nomade n'ayant aucun sens de la propriété de ces terres sur lesquelles troupeaux et hommes trouvent nourriture et lieux de vie.

Ces traditions se heurtent de plein fouet avec la découverte dans les années 1970 d'immenses ressources gazières et pétrolières au large des côtes du nord de la Norvège et l'arrivée des appétits sans fin des compagnies pétrolières norvégiennes mais aussi de nombreux autres pays assoiffés d'énergies fossiles. L'installation de nombreuses plateformes de forage et l'arrivée d'une nouvelle population pour la plupart étrangère entraînent la construction d'immeubles, hôtels, et l'aménagement de routes, port, installations industrielles en tout genre.

Grisés par le miracle économique et la promesse d'argent facile, les autorités civiles n'hésitent pas à repousser toujours plus loin les populations sami et à réduire les terrains sur lesquels depuis des siècles vivent les rennes et les éleveurs.

C'est dans ce contexte que les drames vont se multiplier et faire la trame de ce roman nostalgique, chamanique et captivant.

Lydie Valero  pour le Clairon de l’Atax le 09/02/2017

 

Olivier TRUC ; « Le détroit du loup » ; point-seuil-policier ; 8,30€

 

 

Fable d’Amour

 

D’Antonio Moresco

C’est une fable, un conte, qui nous raconte l’histoire merveilleuse et cruelle de deux êtres et de leur improbable rencontre.

Lui, Antonio, « le vieux fou », un vieux clochard qui vit couché sur des cartons, des sacs plastiques et qui fouille les poubelles et les containers pour se nourrir, avec pour seul compagnon un fidèle pigeon, lui aussi mal en point.

Elle, c’est Rosa, une merveilleuse jeune femme, belle, avec des yeux noirs et une chevelure magnifiques, des formes si féminines. Un jour, elle prend Antonio par la main, l’emmène chez elle, le lave, le nourrit, le caresse. Ils vont s’aimer quelques mois jusqu’au jour où brutalement elle le renvoie à la rue. Il retrouve sa vie misérable de SDF, son pigeon fidèle mais, anéanti par le chagrin, il meurt. Au royaume des morts il va retrouver son amante…On se laisse emporter par cette histoire cruelle mais si magnifiquement écrite ; une langue crue et poétique à la fois. C’est tendre, violent, mais tellement beau ! Comme un conte …. 

 

Catherine Burger pour le Clairon de l’Atax le 22/02/2017

 

MORESCO, Antonio, Fable d’amour, Verdier, 2015, 128 p. (trad. de l’italien)

(cote R MOR , médiathèque du Grand Narbonne)

 

 

Histoire d'un Allemand

de

Sebastian Haffner

Les dictatures et les régimes autocratiques se terminent le plus souvent de manière brutale, tandis que les démocraties connaissent des agonies plus longues : elles commencent par des engourdissements paisibles, se continuent par un pourrissement doux, une gangrène à peine douloureuse de leurs institutions et un jour, tout à coup, on s’aperçoit qu’elles sont mortes. Notre démocratie est actuellement secouée par toute une série d’évènements qui relancent le débat sur les valeurs que nous sommes censés partager et qui remettent en question la cohésion de la nation. Le 11 janvier, une mobilisation immense à témoigné d’un sursaut citoyen,  d’une expression qui était celle de la nation. Cette dynamique se poursuivra t’elle ? Voici un livre qui donne à réfléchir sur cette question.

-Histoire d’un Allemand- a été écrit par Sébastian Haffner. Il s’agit d’un journal que l’auteur né en 1907 à Berlin, a tenu depuis son enfance, pendant la guerre de 14/18, jusqu’à l’avènement d’Hitler en 1933. On y voit comment la jeune démocratie allemande se corrompt lentement, comment le peuple, y compris  l’auteur, par légèreté, par paresse, puis par crainte, puis par lâcheté, va accompagner la résistible ascension du nazisme jusqu’à l’avènement du Reich. L’auteur, qui s’est finalement réveillé antinazi actif, s’est réfugié en Angleterre en 1938. Il est retourné en Allemagne en 1954 où il est mort en 1999. Il n’avait jamais voulu que son manuscrit soit publié de son vivant.

Lisez ce livre, il est tout à fait d’actualité……

 

Louise  B Velpeau

 

Histoire d’un allemand : Éditeur Actes Sud, collection Babel n° 653, prix 9,70€

 

 

Notes de Lecture

Chanson douce

 

de Leila Slimani

 

Ce livre débute par la description glaçante de la mort violente de 2 jeunes enfants, dont un bébé. Et c’est la nounou qui est la criminelle coupable. Dans ce roman très bien écrit, avec un style tranchant et sec, on suit la narration de cette incroyable histoire (et on est suspendu au récit comme on peut l’être dans un polar) d’une nourrice, apparemment si parfaite et si dévouée et qui, peu à peu, prend le pouvoir sur le jeune couple qui a fait appel à ses services. Doucement, l’inquiétude, l’angoisse surgissent ; on se doute que le comportement si dévoué de la nourrice cache un mystère ; quelques signes inquiétants alertent la mère des enfants, mais trop prise par son travail elle s’en remet à la nourrice, jusqu’au drame final qui vous glace le sang et résonne en vous bien après que vous aurez refermé le livre

 

 

 

 

 

SLIMANI, Leïla, chanson douce, Gallimard, 2016, 226 p. 18€

 

Aussi disponible à  la médiathèque de Cuxac d’Aude, sous la cote R SLI

 

 

le vieux saltimbanque

 

de Jim Harrisson

 

Dans ce dernier livre, (paru après sa mort en mars 2016) cet écrivain si brillant et drôle,  nous livre ses souvenirs, ceux d’une vie exubérante, marquée par l’amour des femmes, de la nature, de l’alcool et de la bonne chère. Comme s’il avait, une dernière fois, voulu nous faire partager ses émotions, ses plaisirs charnels et métaphysiques.

 

          A titre personnel, je n’ai pas plongé corps et âme dans ce récit, trop décousu et convenu.

 

J’ai tellement aimé d’autres ouvrages, pour ne citer que Dalva (le meilleur pour moi),  Légendes d’automne,   Entre chien et loup…

 

 

 

 

 

 

HARRISON, Jim, le vieux saltimbanque, Flammarion, 2016, 147 p. 15€

 

Aussi disponible à  la médiathèque de Cuxac d’Aude sous la cote R HAR

 

les 3 présentations par Catherine Burger pour le Clairon de l’Atax

le 08/12/2016

 

 

Il faut continuer à marcher

 

Dans ce gros ouvrage de mémoires on suit avec attention et admiration le parcours mouvementé et aventurier de Allain Bougrain-Dubourg, depuis sa toute jeunesse jusqu’à sa désignation comme président de la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux), fonction qu’il assume depuis plus de 30 ans, avec une énergie remarquable, en particulier face aux chasses de printemps dans le Médoc, au massacre de tant d’oiseaux.

Ce livre se lit comme un récit d’aventures, qui nous emmène du club de JJA (jeunes amis des animaux) dans les années soixante, au Jardin des plantes, au Muséum d’histoire naturelle. Définitivement brouillé avec les études (et avec son père) il se lance dans les conférences dans les écoles, évite l’armée (réformé) au grand dam de son père, parcourt la France avec ses reptiles, est lauréat de la Fondation de la vocation en 1969 et se lie d’amitié avec quelques figures comme Jean Rostand, Théodore Monod, René Dumont…

On suit avec lui la création du 1er Ministère de l’Environnement en 1971, puis de la première loi sur la protection de la nature en 1976 (et en particulier les rapaces qui sont désignés au rang d’espèces protégées). On croise avec lui quelques personnalités politiques, Chirac, Mitterrand, Rocard. Avec beaucoup de tendresse il évoque son compagnonnage de quelques années avec Brigitte Bardot et leur combat commun contre la maltraitance des animaux ; leur combat contre le massacre des bébés phoques sur la banquise est largement évoqué : il est glaçant….

Ce livre s’adresse prioritairement à tous ceux qui sont des défenseurs de la cause animale, de la protection de la nature et qui seront emballés par ce long et remarquable parcours.
Le style n’est pas grandiose, mais l’ouvrage se lit facilement et passionnera de toute évidence les lecteurs qui recherchent des récits d’aventure aussi divers que vivants.

 

 

Catherine Burger pour le Clairon de l’Atax le  18 novembre 2016

 

 

BOUGRAIN-DUBOURG  Allain, « Il faut continuer à marcher » : mémoires, Editions de la Martinière, 2015, 444 p. 20,90 

 

 

Petite histoire de l’Expérimentation démocratique

Tirage au sort et politique d’Athènes à nos jours

En ces temps de présidentielle où certains se posent des questions sur le caractère démocratique de nos institutions et sur l’éventualité d’un changement de nos pratiques politiques, ce livre apporte un éclairage précieux.

Toutes les démocraties « historiques » comme la France ou les États Unis connaissent actuellement une crise qui fragmente leurs sociétés, qui éloigne les citoyens des institutions qui les gouvernent, qui décrédibilise la classe politique…Peut être nos institutions démocratiques n’ont-elles pas su évoluer et s’adapter au contexte social, aux modes de vie de ce début du 21ème siècle ? Ce qui ressort de ce livre d’Yves Sintomer, c’est que depuis l’antiquité les démocraties forment leur organisation en référence à deux préoccupations essentielles : « Comment empêcher la confiscation du pouvoir au peuple par ceux censés le représentent» et «Tout le monde peut il s’occuper des affaires de la Cité ? Comment s’arranger avec l’incapacité d’une grande partie du peuple à se mêler de politique ».

Or de nos jours, de nouvelles dynamiques citoyennes émergent du peuple, de nouvelles pratiques d’organisation sociale sont expérimentées par la société civile, pourront-elles s’organiser en une expression politique et influer sur  le nécessaire changement de nos institutions ?

Ce livre bien documenté est écrit de façon vivante sur un sujet ardu : à lire nécessairement.

 

Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 10 / 09/ 2016

 

Le Monde du bout du monde

 

Un petit livre de Luis Sepulveda

Ah le grand Sepulveda ! Voici un de ses livres que je n’avais pas encore lu. Ce court roman est nettement autobiographique : Sepulveda écrivain chilien, engagé en lutte contre la dictature de Pinochet mais aussi journaliste écologiste, nous raconte dans ce petit ouvrage de 131 pages comment la lecture de Moby Dick à 16 ans a influencé le reste de son existence. A 16 ans il part chasser la baleine sur un vieux baleinier chilien à bout de souffle, dans ce fouillis d’îles et de canaux tout au sud près du cap Horn. Un récit de la même veine que les textes sur le Grand Sud chilien du grand écrivain Francisco Coloane où les paysages somptueux et glacés et la mer sauvage forment un univers où l’homme peine à s’accrocher. C’est là, dans ces lieux si solitaires si peu blessés par les activités humaines que, quelques années plus tard, le business international va frapper avec la complicité des séides de Pinochet. On va couper le bois de forêts millénaires pour faire de la pâte à papier et les japonais friands de baleines vont soudoyer les commissions internationales et le gouvernement chilien pour obtenir le droit de massacrer les cétacés au prétexte d’« Etudes scientifiques ». Alors Sepulveda, journaliste à Hambourg, alerté par des lanceurs d’alerte locaux hauts en couleur, va revenir au Chili pour révéler avec Green Peace cette horreur au Monde !

Un livre passionnant et l’immense talent de Sepulveda et son amour de ces contrées nous font rencontrer des personnalités et des paysages exceptionnels !

 

Le Monde au bout du monde, traduit de l’espagnol par Françoise Maspero ; Editions Métailié –suites- 2005, 13,10 €

 

Hubert Reys, pour le Clairon de l’Atax le 18/07/2016

 

Autres livres de Sepulveda à lire absolument : Le Vieux qui lisait des romans d'amour (1992 ) ; Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler (1996) ; Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre (1997) ; Les Roses d'Atacama  (2001) ; La Folie de Pinochet (2003) ; Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur (2014) ; L'Ouzbek muet et autres histoires clandestines(2015).

 

Connaissez-vous l'assassin ?

 

Rubrique d'invitation à la lecture de polars qui vous emportent vers des rivages lointains.

 

 

On reste en France pour ce polar d'actualité

 

Dawa est-il un polar ? Certes il est classé comme tel par ses éditeurs ; il a même obtenu un prix du meilleur polar attribué par ses lecteurs, mais ce bouquin va bien plus loin qu’une intrigue policière….Situé dans une période relativement récente (2014) il pourrait aussi relater des faits actuels. Un des fils conducteurs est la vengeance, une vengeance qui s’enracine dans des évènements datant de la fin de la guerre d’Algérie. Il y aurait donc des protagonistes « arabes » et des « Français » ce qui devrait nous renvoyer à notre actualité où l’évocation / invocation de l’islam sert à tout : à faire peur, à exclure ou à faire communauté, à embrigader…On pourrait donc s’attendre à voir pointer les thèmes et explications habituels : la théorie du grand emplacement, l’affrontement entre « culture chrétienne » et Islam, etc.…

Mais voila que d’autres personnages entrent en scène : un ministre de l’intérieur aux dents qui rayent le parquet, qui ne recule devant rien et qui instrumentalise le péril islamiste pour servir son ambition d’accéder  au poste de premier ministre (ça ne vous rappelle rien ?). Ici et là le champ de la violence ne cesse de se déplacer : entre vengeance privée et intérêt particulier, qui s’embarrasse encore du bien public ?… Un état en décomposition, une démocratie qui se délite deviennent un terreau fécond où les névroses et les folies les plus singulières peuvent éclore et proliférer et tuer….

Dawa : une autre façon de raconter le « Malaise dans la civilisation » ?

 

Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 17/06/2016

 

Dawa de Julien Suaudeau ; Edition Points : policier, 8,80 €

 

 

La fin du chant

 

Récit de Galsan Tschinag

 

Ce mois-ci je vous propose de poursuivre l'exploration littéraire de notre monde, grâce à un écrivain mongol qui dans cet ouvrage paru en 2001 chez un éditeur allemand nous conduit sous le ciel de cristal du Haut-Altaï au fin fond de l'Asie-centrale sur les grands plateaux de Mongolie où vivent Touvas et Kazakhs, peuples nomades, éleveurs de chevaux, de chèvres, de chameaux qui se livrent bataille et se massacrent pour un bout de vallée où dresser leur yourtes et faire paître leurs troupeaux. Ce récit nous permet de découvrir plus précisément la culture Touva à travers les péripéties d'une famille dont la vie difficile sur ces hauts plateaux l’oblige fréquemment à plier bagages pour des migrations où les attendent de multiples dangers. Ce livre ample, généreux et d'une beauté sauvage nous montre les hommes et les bêtes vivants dans une communauté indispensable à leur survie et nous invite à leurs côtés à partager sans doute les dernière heures de cette culture pastorale et chamanique.

Si la lecture de ce livre où le suspens n'est pas absent, vous passionne comme moi, l'auteur a été abondamment traduit en français.

Lydie Valero pour le Clairon de l’Atax le 8/02/2016

 

Bibliographie

(Œuvres traduites en français)

·        1996 "Ciel bleu, une enfance dans le Haut Altaï" (Éditions Metaillé/collection Suite 1999)

·        1998 "Vingt jours et un" (Éditions Metaillé)

·        2000 "Belek, un chasse dans le Haut Altaï" (Éditions L'Esprit des péninsules)

·        2001 "Le Monde gris" (Éditions Metaillé)

·        2003 "Dojnaa" (Éditions L'Esprit des péninsules)

·        2004 « Le monde gris » (Éditions Metaillé)

·        2004 "Sous la montagne blanche" (Éditions Metaillé)

·        2005 "La fin du chant" (Éditions L'Esprit des péninsules)

·        2006 "La caravane" (Éditions L'Esprit des péninsules)

·        2008 "L'Enfant élu" (Éditions Metaillé)

·        2007, 2015 « La fin du chant » (pour l'édition de poche Éditions Philippe Picquier)

 

 Galsan Tschinag est né le 26 décembre 1944 en Mongolie.

Il écrit en langue allemande. Ses livres sont maintenant traduits en plusieurs langues dont le français.

Après avoir passé toute sa jeunesse dans les steppes du Haut-Altaï, en Mongolie occidentale, Galsan Tschinag passe son bac à Oulan Bator puis part étudier la linguistique à Leipzig (ex-Allemagne de l’est), en 1962. Dès 1968, il rentre en Mongolie pour enseigner l’Allemand. Suspecté de dissidence politique par le gouvernement communiste, il est interdit d’exercer son métier en 1976. Il devient alors lecteur dans une maison d’édition et également traducteur.

-Références essentielles-

janvier / février 2017:

 

Constitution française du 24 juin 1793  article 35 :

 

- Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.-

 

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Édition spéciale élection présidentielle  2ème tourOnt contribué à cette édition spéciale 2ème tour :

 

VB (Toulouse)

Catherine Burger

Jean Cordier

Jean François Lambert

Pierre Lefèvre

CMT (Paris)

Joël Raimondi

Rédaction, animation équipe, mise en page : Hubert Reys

 

Édition 31.0

 

Ont contribué à cette 30ème édition :

 

André Bories

Catherine Burger

Jean Cordier

Marie Diaz

Jean François Lambert

Pierre Lefèvre

Curly Mac Toole

Sophie Masini

Patricia Renaud

Colin Reys

Louise B Velpeau

Colette Vexenat

Daniel Vexenat

Philippe Wirth

 

 

 Rédaction, animation équipe, mise en page : Hubert Reys

 

 

L’équipe de rédaction du « Clairon » les remercie.

 

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Contenus de la 31ème édition :

 

Page d'accueil :

Éditorial : "Il a osé : voici le temps des imposteurs"

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Rubrique actualités générales  :

 

1°)"Devinez pour qui je vote"

2°) "Élections, piège à cons, abstention piège à quoi ?"

3°)  Oncle Jef : "Peut on être indifférent ?"

4°)Un texte de JFL intitulé : "Hamon, Macron, Mélenchon"

5°) Le résultat d'un questionnaire adressé par le mouvement pour la 6ème république aux candidats de la présidentielle

5°) Un article sur le CA d'EDF relatif à la fermeture de la centrale de Fessenheim

6°) Sélection des mois précédents

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Rubrique actualités locales :

 

1°) Un reportage sur le meeting du 16 avril de la France Insoumise à Toulouse

2°) Un article sur la réunion d'information du conseil municipal de Narbonne relative au projet TDN / Areva / Malvési

3°)  Un article qui présente une solution  altenative de Rubresus au traitement des effluents nitratés de Malvési

4°)  Info sur la pétition contre le projet TDN d'AREVA / Malvési

5°) Info pratiques du Clairon

6°) Sélection d'articles des mois précédents

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Rubrique culture :

 

1°) cinéma 2 films : "La Confession" : France  un film de Nicolas Boughrief + "L'autre côté de l'espoir" Finlande un film d'Ari Kaurismäki  + une sélection des mois précédents...

2°) lecture  :présentation de 2 romans  : "Petit pays" de Gael Faye et "La petite lumière" d'Antonio Moresco  + sélection des mois précédents...

3°) People, places and things : présentation d'un petit paradis, l'écolodge "Kasa Igreja" au Cap Vert ou la sobriété heureuse...

4°) Littérature : une nouvelle satyrique rapprochant Tahiti du Luxembourg : "Le crane de Taipivai"

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Rubrique art de vivre :

 

1°) recette de cuisine  : la tarte aux tomates et poivrons : une recette de Nelli

2°) bricolage : la solution du jeu : "l'évasion du roi Dan"

3°) Jardin : lutter contre le frelon asiatique

 

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Rubrique contacts :

 

Le courriel d'un lecteur sur la pollution sonore et atmosphérique par les engins agricoles qui stationnent moteur allumé....